jeudi, 19 juillet 2018 14:09

Dans l'ancre de la danse

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DANS L'ENCRE DE LA DANSE. ROMAN ET DANSE ENTRE XXEME ET XXIEME SIECLES.

Valeria Gramigna

Bari, Edizioni B.A. Graphis
Coll. Marges critiques / Margini critici, n. 6
2007

IL LIBRO

Comment et pourquoi la danse se mêle-t-elle au roman? Cette question est à l'origine d'une recherche sur la danse dans la littérature française de ce dernier demi-siècle. Si le roman est une autre façon de comprendre le monde, la danse en littérature devient, elle aussi, une façon d'écrire autrement. Entre "immobilité" et "action", ce travail découvre le rapport entre mouvement du corps et progression du texte, cette énergie nécessaire à une dynamique différente de la narration.


Écriture «en mouvement», la prose sur la danse se révèle une force d'où se propagent d'autres espaces imaginaires, qui engendrent une réinvention de l'écriture. Le "corpus" littéraire analysé se compose de cinquante-six textes (romans, récits et nouvelles), rédigés entre 1954 et 2006, avec une attention spéciale à la production de ces vingt dernières années. Au-delà du principe chronologique, la proximité entre les oeuvres de la deuxième moitié du XXème – où l'on remarque un retour de la danse en écriture –, et les oeuvres d'aujourd'hui se justifie par la nécessité de créer une passerelle entre XXème et XXIème siècles, sur la base d'analogies et de diversités d'écriture dans les ouvrages d'écrivains, artistes à double titre, puisqu'ils ont utilisé la danse en littérature, la danse comme nécessité d'insérer dans la narration un mouvement dans un espace clos, qui permet de libérer et de se libérer, au moins dans l'espace étroit de la page. Si la façon de danser constitue le critère de distinction entre bal, ballet et danse, la façon d'écrire la danse, c'est-à-dire la compréhension de la fonction narrative de la danse, constitue, tout au long de cette recherche, la raison principale du choix, d'abord des oeuvres, et ensuite, des fragments ici présentés.

La "durée" des extraits est en relation avec la capacité qu'a l'écriture d'"évoquer des imaginaires", tout en invitant le lecteur à la danse, l'espace bref et éphémère d'une page de roman. Il s'agit là d'une suite d'"extraits" qui suggèrent une lecture plus large. Des analyses multiples ont abouti à repérer trois aspects de l'écriture dans la littérature sur la danse : une "écriture du corps", une "écriture de la danse" et une "écriture de la voix", c'est-à-dire la danse dans les dialogues.

La danse est un élément osmotique du texte; les pas se mêlent aux mots et aux dialogues, les enchaînements débouchent sur des tournures telle une chorégraphie écrite. Forme d'écriture énergique, vitale et imagée qui donne l'émotion de la danse vécue, tantôt détaillé, tantôt elliptique, le récit intègre non seulement les interrogations des personnages ou leurs pensées, mais aussi les commentaires du narrateur. L'impression de force et d'apesanteur, l'effet de négation de la gravité qui créent ce "vol", renforcé par la disparition du corps, la magie d'une musique qui emporte font de l'écriture, quand elle parle de la danse, une prose de la transformation, une représentation et une projection du mouvement. C'est là la séduction particulière qu'elle exerce sur les écrivains, au cours de ces années entre XXe et XXIe siècles.

Le but de ces quelques lignes de romans réunies dans ce volume, c'est qu'elles puissent entraîner le lecteur sur la scène imaginaire d'une page où la danse, enfin mise en mots, se donne en spectacle verbal. On peut lire ces textes de même que l'on voit un spectacle de danse en y retrouvant le même esprit et le même désir. Il s'agit là d'une écriture en mouvement, comme si le texte sur la danse entraînait chez le lecteur quelque chose de "vivant".

INDICE

Légèreté du mouvement photographies de Angela Cioce

Préface. Dans la pièce du corps de Matteo Majorano

Prefazione. Nella stanza del corpo di Matteo Majorano

La carte contraire de Micha van Hoecke

... dans les coulisses

Introduction

La danse, pourquoi...

... et comment?

Première partie Corps

1. Je fais corps avec la musique

2. De l’autre côté du désert lumineux

3. Elle pénètre dans ce lieu

4. Avec une souplesse aussi singulière qu’inattendue

Deuxième partie Danse

1. Tout en suspension, et en légèreté

2. Les guitares emportent les talons

3. S’envole un deux trois la valse...

Troisième partie “En pointe” de parole

1. Voilà. Je mets la main gauche sur ton épaule

2. Le rideau vient de tomber

Conclusion. Vivre de danse

Romans et nouvelles où on lit la danse

Bibliograhie fonctionnelle

Index des noms

 

RECENSIONI

Alain Montandon, « Valeria Gramigna, Dans l’ancre de la danse : roman et danse entre XXe et XXIe siècles (review)», L’esprit Créateur, Vol. 47, nº 2, 2007, pp. 50-151. Johns Hopkins University Press.

 

L’AUTORE
 Valeria Gramigna étudie les relations entre écriture et corps dans la "littérature française au présent". Elle participe aux activités du Groupe de Recherche sur l'Extrême Contemporain (GREC) de l'Université de Bari. Son intervention sur quelques écrivains d'aujourd'hui (Angot, Beigbeder, Darrieussecq, Houellebecq, Nobécourt) au colloque "La prose française: lire le présent" a été publiée dans Le Goût du roman (2002). Une bibliographie des ouvrages italiens sur la littérature française actuelle est sous presse. Elle collabore à “Corriere del Mezzogiorno/Corriere della Sera”, “TuttoDanza” et à “Danse”. Depuis 2000, elle est déléguée nationale en Italie de l'“Institut de Danse et d'Art Chorégraphique International” de Paris, et depuis mai 2003, membre de l'Associazione Italiana per la Ricerca sulla Danza (AIRDANZA).

 

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